Enseignement sur la confession pendant le temps du Jubilé n°12

Enseignement sur la confession pendant le temps du Jubilé n°12

Pendant le temps du Jubilé, le Père Ambroise Riché nous propose un parcours sur la confession.

La grâce de la honte

À la grâce des larmes, qui vient de l’amour, triste d’avoir offensé l’amour de Dieu, peut se joindre une autre grâce : la grâce de la honte. Il y a une bonne et saine honte. Le pape François à diverses reprises a pu le rappeler dans ses catéchèses. Nous pouvons nous rappeler ces mots du prophète Daniel : « à toi, Seigneur la justice, à nous la honte au visage, parce que nous avons péché ». Il est nécessaire en effet lorsque nous confessons nos péchés que ceux-ci ne soient pas une simple liste, une confession seulement intellectuelle qui reste dans notre tête. J’ai fait ceci et cela, puis je m’en vais et me voici pardonné. Non ! La confession ce n’est pas cela. Il y a besoin de faire un pas de plus. Il faut que l’expression de mes péchés vienne de mon cœur. À toi Seigneur la justice, à nous la honte. Quand je reconnais que j’ai péché et que je sens cela dans mon cœur, le sentiment de honte me gagne. J’ai honte d’avoir fait cela et je t’en demande pardon. Et la honte pour nos péchés est une grâce. Nous devons la demander. Seigneur, fais que j’ai honte de ce qui n’est pas digne de toi, ni de moi. Nous le savons bien, une personne qui a perdu la capacité à avoir honte, qui agit sans honte est une personne qui perd toute autorité et même le respect devant les autres. Après avoir dit : à nous la honte au visage parce que nous avons péché contre toi, Daniel ajoute : à toi Seigneur la miséricorde. La mémoire de nos péchés et le sentiment de la honte, voilà qui touche le cœur de Dieu, et qui ouvre notre cœur à son pardon. Le chemin qui conduit à l’expérience de la miséricorde de Dieu passe par la honte des choses laides, des choses mauvaises que j’ai faites. En allant me confesser : je dirai non seulement mes péchés, mais aussi les sentiments de confusion, de tristesse, de regret, de honte pour avoir fait cela à un Dieu si bon, si aimant, et si juste.

Voilà aussi ce qui peut faire naitre le sentiment de honte. Le fait que nous ayons à parler dans un face à face avec un prêtre, avec un frère. Le face à face avec ce frère est une grâce aussi parce qu’il rend possible de vivre et d’exprimer ce sentiment de honte qui ne viendrait pas si je pouvais en quelque sorte me confesser tout seul, ou à distance, par e-mail en quelque sorte. Je sais, dit Paul à ses frères, que le bien n’habite pas dans ma chair. Je fais le mal que je voudrais éviter. Nous cherchons souvent, en confession, à nous justifier, à trouver des raisons qui rendraient plus acceptable ou compréhensible ce péché. Paul ne fait pas cela. Il accepte qu’en lui, il y ait cette faiblesse, cette misère qu’il confesse ouvertement et à laquelle il ne cherche pas d’abord de raisons, mais qu’il reconnait pour se rendre responsable de ses actes. Le face à face de la confession ne vient pas susciter la honte humiliante de celui qui se sent jugé, mais la honte libérante qui ouvre à la guérison de ma faiblesse. Ce qui parfois nous fait manquer à la honte est notre manière de confesser des choses abstraites, tellement abstraites que nous ne savons plus bien ce que nous avons fait. Il faut dire : je suis pécheur à cause de ceci, à cause de cela que j’ai fait à telle personne. J’ai dit cette parole. Les enfants ont souvent cette grâce du concret et de la simplicité. Si une chose est belle dans la confession, c’est justement de pouvoir dire ses péchés tels qu’ils sont, devant Dieu. Sachons donc demander la grâce de la honte, peut-être par l’intercession de celui qui le premier l’a vécue, Pierre, qui après avoir pleuré de honte son péché, pourra dire à Jésus ressuscité : tu sais bien Seigneur, tu sais que je t’aime.

Mise en œuvre : Prendre le temps de voir ce qui me fait honte dans mes péchés et m’interroger : est-ce à cause de mon amour-propre (ça ne correspond pas à l’idéal que j’ai de moi ?). Est-ce parce que ce péché est grave, laid, et qu’il ne correspond pas à ma dignité de fils/fille de Dieu ?

Père Ambroise RICHÉ

À suivre…