Les résumés hebdomadaires du 29 juin au 1er août
Du 29 juin au 4 juillet, 1 Tim 5-6 et Jr 1-4
La première lettre à Timothée se poursuit avec une série de conseils adressés à plusieurs catégories de personnes, les veuves, les Anciens, les esclaves. Le dernier mot : « Timothée, garde le dépôt de la foi ».
Le prophète Jérémie, originaire d’une famille sacerdotale d’Anatoth dans la tribu de Benjamin, exerce sa prédication au moment où prend fin la royauté dans le Royaume du sud (ou pays de Juda), entre le dernier quart du VIIème siècle sous le roi Josias et le premier quart du VIème siècle sous Sédécias : disparition de la terre de Juda, de son roi descendant de David, de son temple et départs successifs en exil à Babylone. Le livre, illustré de nombreux passages biographiques et autobiographiques qui ne sont pas toujours dans l’ordre chronologique, s’ouvre sur la vocation du prophète marquée par l’autorité de Dieu : choix divin de Jérémie antérieur à sa conception, consécration, mission jusque vers les nations, objection de sa faiblesse, confirmation de l’appel par un rite d’investiture suivie d’une double vision.
Inspirée par la pensée du prophète Osée, l’Alliance entre Dieu et son peuple est perçue comme une relation amoureuse et conjugale. Le réquisitoire exposé en Jr 2 dénonce l’infidélité d’Israël, présenté comme une épouse, envers Dieu, présenté comme son époux. L’infidélité des hommes face à la fidélité de Dieu est manifeste au long de l’histoire de leur Alliance scellée lors de la sortie d’Égypte. Certes Israël mérite la mort, mais le Seigneur prépare la conversion et le pardon. Or la menace de l’ennemi vient bien du nord (à savoir de Mésopotamie) et provoque une véritable lamentation prophétique.
Du 6 au 11 juillet 26, Jr 5-10
Dieu dialogue avec son peuple, pour lui indiquer les motifs de l’invasion annoncée en Jr 4 : l’apostasie, l’idolâtrie, l’oppression des pauvres par les dirigeants, les prêtres et les prophètes. La menace de l’assaut est telle qu’il est préférable de s’enfuir ou de se préparer à une attaque violente et destructrice. À travers les ennemis, c’est le Seigneur qui s’apprête à visiter son peuple.
Jr 7-8, comme un nouveau procès, rapporte un discours sur le temple de Jérusalem dénonçant les illusions religieuses, le faux culte qui permet d’expier ses péchés tout en continuant à pratiquer l’injustice, et les sacrifices païens. Les reproches faits à Israël se poursuivent et se fondent dans une lamentation et une prière de Jérémie. Noter la juxtaposition des mêmes thèmes qui se répètent jusqu’au chapitre 10.
Du 13 au 18 juillet 26, Jr 11-16
Le début de Jr 11 est une réflexion sur l’histoire d’Israël. Les trois interventions du Seigneur en faveur de son peuple aboutissent au même constat : le peuple d’Israël n’a pas respecté les conditions du traité et a rompu l’Alliance que Dieu avait conclue avec les pères, c’est-à-dire les ancêtres qui ont connu la sortie d’Égypte et se sont révoltés dans le désert. Deux « confessions » ponctuent ces chapitres en Jr 11,18-12,6 et en Jr 15,10-21 : ce sont des lamentations individuelles prononcées à la première personne. Le prophète s’y interroge sur la postérité des méchants et donc sur le problème de la rétribution morale et de la justice divine, ainsi que sur l’imposture d’un Dieu qui n’est qu’un ruisseau trompeur et qui toutefois le conforte dans la foi et dans sa vocation.
Jérémie mène par ailleurs des actions symboliques, comme celle de la ceinture pourrie, des cruches brisées ou du célibat : elles signifient le destin funeste que le peuple d’Israël risque de s’attirer par son infidélité. Au milieu de ces oracles, à l’occasion d’une grande sécheresse, une lamentation, où se mêlent la voix du prophète et celle de Dieu, invite le peuple à confesser son péché et le Seigneur à se souvenir de son Alliance.
Du 20 au 25 juillet 26, Jr 17-22
Ces chapitres recueillent trois autres confessions. En Jr 17,14-18, le prophète, en pleine crise d’identité, demande à Dieu la malédiction sur ses ennemis. En Jr 18,18-23, Dieu semble avoir oublié la fidélité de son prophète et ne pas remarquer l’impiété des persécuteurs. En Jr 20,7-18, on atteint un sommet dramatique, quand Jérémie ne peut contenir la puissance de Dieu et la séduction de sa parole qui l’entraînent dans une vie terrible et maudite. Toutes ces confessions sont l’expression de la souffrance du prophète écrasé, en même temps qu’elles se font l’écho du désarroi et de la compassion de Dieu.
Les actions prophétiques continuent également leur effet sur l’auditoire du prophète : le potier, d’abord, est l’image du créateur qui doit recommencer son ouvrage et la cruche brisée, ensuite, annonce la destruction de Jérusalem et la destinée funeste du prêtre Pashehour. Jr 21-22 énonce des oracles de malheur, soit en prose, soit en vers, contre les quatre derniers rois de la maison de Juda, successeurs de Josias, les rois Sédécias, Joakaz, Joakim et Jékonias ; il manque juste l’évocation du roi éphémère Joakin, fils de Joakim.
Du 27 juillet au 1er août, Jr 23-28
Le problème qui encadre ces six chapitres est celui de l’identification du vrai prophète. Jérémie qui prédit le malheur est convaincu d’être appelé par Dieu et de proclamer sa Parole ; cependant d’autres prophètes ont la même prétention en délivrant un message contraire. Il est donc nécessaire de chercher quels sont les critères distinguant le vrai du faux prophète. En Jr 23, les faux prophètes garantissent la sécurité et la paix, mais ils sont mensongers et complices des impies, empêchent ainsi les hommes de se convertir et font oublier Dieu. Jr 26 décrit le contexte historique du discours de Jr 7 sur le Temple : deux conceptions du Temple se confrontent violemment : l’une sacralise le Temple qui est fondé sur des promesses divines, l’autre rattache sa permanence à la conduite morale du peuple ; Jérémie est alors accusé par les prêtres et les prophètes de critiquer la sainteté du Temple, il est même menacé de mort. En Jr 28, on assiste à la confrontation entre Jérémie qui prophétise le malheur et Ananie qui prophétise la paix ; pour Jérémie, celui qui proclame la paix est un vrai prophète, si sa parole se réalise vraiment ; c’est pourquoi la présomption d’Ananie, qui prétendait parler au nom de Dieu, le condamne à mourir.
Entre ces trois oracles, sont intercalés trois visions : la vision des deux corbeilles de figues crée la distinction entre, d’un côté, les exilés qui sont partis à Babylone, sont restés fidèles au Seigneur et reviendront, et, de l’autre, les Judéens qui sont restés au pays, sont infidèles et périront ; la vision de la coupe de vin de la colère de Dieu prépare les oracles contre les nations placés dans les derniers chapitres du livre de Jérémie ; quant à vision des jougs, elle suggère une attitude pleine de réalisme politique : il vaut mieux se soumettre au roi de Babylone.