Enseignement sur la confession pendant le temps du Jubilé n°13

Enseignement sur la confession pendant le temps du Jubilé n°13

Pendant le temps du Jubilé, le Père Ambroise Riché nous propose un parcours sur la confession.

Un aveu de qualité

Lors de la rencontre avec le prêtre, la qualité de notre confession et de l’aveu de nos péchés viendra de la profondeur de la préparation que nous aurons faite. Mais qu’est-ce qu’un aveu de qualité ? C’est, comme nous l’avons déjà vu, un aveu qui n’est pas qu’une liste de péchés, mais qui exprimera notre tristesse, notre honte, notre peine, c’est-à-dire notre regret, notre contrition. La qualité de notre aveu se percevra aussi dans notre capacité à parler à la première personne : dire « je ». Non pas « on » : « on est souvent critique ». « Vous savez Père dans ces circonstances, souvent on se met en colère. » Non. Savoir dire « je ». Dire : « je me suis mis en colère ». De même, on ne confessera pas une simple tendance. « Vous savez mon Père, de manière ordinaire, je me mets souvent en colère. » Non. On ne confesse pas une tendance mais un acte précis. « Je me suis mis en colère contre telle personne, peut-être d’ailleurs à tel moment, à telle occasion. » Après avoir dire « je », pour cet acte que j’ai commis, il s’agit d’accepter d’en porter la responsabilité et non pas de la rejeter sur les autres. Nous ajoutons souvent à notre aveu de nombreuses circonstances, qui finalement accusent tous les autres de nous avoir conduit à ce péché. De cette manière nous nous situons comme des victimes. Nous sommes passivement les victimes de toutes ces circonstances qui nous ont conduit à commettre cet acte. En faisant ainsi, nous nous rendons incapables d’être vraiment relevés, libérés, car nous nous plaçons comme victime sous la contrainte de ces circonstances qui demeurent et dont par conséquent nous demeurons encore les esclaves. Il faut donc que j’accepte d’assumer ma responsabilité pour rendre le pardon possible et devenir libre.

Il nous arrive souvent également de nous confesser en tournant autour du pot, en n’osant pas dire ce mot, qui de fait semble nous humilier lorsque nous le disons et qui pourtant correspond bien à la vérité et nous permet de voir clairement les choses. Employer ce mot simple : le vol, le mensonge, l’adultère, et même si ce mot est difficile pouvoir l’exprimer sera pour nous source de libération.

Pour vivre une confession de qualité et recevoir en profondeur la miséricorde, il est nécessaire de perfectionner notre aveu. Ainsi, souvent, il sera nécessaire de revenir à la racine de tel acte posé. Il ne s’agit pas seulement de dire : « j’ai été impatient à tel moment », mais aussi de me demander : « quelle est la source de cette impatience ? ». En réalité : « je me suis mis en colère à tel moment, parce que je ne supporte pas que mon temps soit perdu, et que l’on me fasse attendre. À cause de mon orgueil, j’estime mon temps plus précieux que celui des autres. Je suis orgueilleux et tourné vers moi-même et lorsque quelqu’un me contrarie alors je me mets en colère. » Toucher à la racine de nos péchés nous permet de ne pas rester en surface et de pouvoir arracher notre péché jusqu’au fond.

Dans ma confession, il peut être utile de donner quelques détails des circonstances de ma vie pour aider le confesseur à discerner avec moi ; mais que l’exposé de ces circonstances ne soit pas seulement pour chercher à me justifier. C’est inutile, car c’est Dieu qui me rend juste et non moi-même. Dieu connait d’ailleurs les circonstances de ma vie bien mieux que moi et est bien plus miséricordieux que nous. Sans me justifier, ne pas chercher non plus à amplifier mon péché. Souvent j’amplifie parce qu’en fait, au-delà de la gravité objective de mon péché, celui-ci m’humilie, blesse mon amour propre. Or la gravité de mon péché n’est pas toujours liée à la culpabilité que j’en éprouve. Il se peut par exemple que des péchés liés à un manque de chasteté soient plus humiliants mais peut-être aussi moins graves que certaines paroles mauvaises, assassines que nous avons prononcées et pour lesquelles nous n’éprouvons aucune honte.

Ainsi, en faisant un tel aveu en « je », avec des mots clairs, pour un acte précis, sans excuse, ni exagération, en allant à la racine, je m’ouvre vraiment au pardon de Dieu qui rejoint la vérité de ma vie et je me rends aussi capable de changer, de me convertir, d’être un homme nouveau, une femme nouvelle.

Mise en œuvre : Peut-être pour pouvoir faire un tel aveu de qualité, puis-je écrire tous mes péchés en cherchant à suivre l’ensemble de ces critères.

Père Ambroise RICHÉ

À suivre…